Il avait quarante ans, et c'était la cinquième année de ses retraites annuelles. Vers la fin du mois, il reçut la visite d'un ange (Gabriel). Il lui dit: Lis; Mohammed répond: je ne sais pas lire, l'ange reprend: lis; Mohammed repond de la même sorte : je ne sais pas lire, c'est au bout de la troisième fois que que l'ange dit les premieres verset du Coran: {
Lis au nom de ton Seigneur qui a créé 2.Qui a créé l'homme d'un caillot de sang. 3.Lis ! car ton Seigneur, le Très Noble, 4.C'est Lui qui a enseigné par la plume [le calame], 5.Il a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas} (Coran, 96: 1-5.) * L'ange lui annonça que Dieu l'avait choisi comme Son messager et envoyé auprès des hommes; il lui apprit les ablutions et la façon d'adorer Dieu, la prière, et il lui communiqua le message divin que voici.
Emu, il rentra chez lui, et raconta à sa femme ce qu'il venait d'éprouver; il exprima ses craintes que ce ne fût là que quelque diablerie ou quelque emprise de mauvais esprits. Elle le consola en disant qu'il avait toujours été charitable et généreux, aidant les pauvres, les orphelins, les veuves et tous ceux qui avaient besoin d'aide, et que Dieu le protégerait donc contre tout mal.
Puis, trois années passèrent, sans révélations nouvelles Ce dut être, pour Mohammed, après le choc du début, un certain calme, et puis un désir, une attente, une impatience toujours croissante... Cependant, la nouvelle s'étant ébruitée, les sceptiques mesquins se moquèrent de lui, et se permirent d'amères plaisanteries, allant jusqu'à le railler que Dieu l'avait abandonné.
Pendant ces trois ans d'interruption et d'attente, le Prophète s'adonna de plus en plus à la prière et aux pratiques spirituelles. Les révélations reprirent alors: Dieu lui assura qu'il ne l'avait point abandonné, mais qu'au contraire, c'était lui qui l'avait guidé sur le droit chemin; Qu'il n'avait donc qu'à se soucier des orphelins et des mendiants, et à proclamer le bienfait divin (Coran ch. 93). C'était donner ordre de prêcher. Une autre révélation l'appela à dire aux hommes les menaces que faisaient peser sur eux leurs mauvaises mours, à les exhorter à n'adorer que le Dieu unique, et à abandonner tout ce qui irriterait Dieu (Coran ch. 74. Verset. 2-7). Puis, une autre révélation lui ordonna d'avertir ses proches parents (Coran ch. 26 Verset 214) et ensuite {Proclame ouvertement ce qui t'est ordonné et détourne-toi des associateurs (polythéistes) , Nous te suffisons vis-à-vis de ceux qui se moquent} (Coran ch.15 verset:94-95).
Mission :
Il commença par répandre son message secrètement parmi ses amis intimes, puis parmi sa tribu, et ensuite publiquement dans la ville et ses alentours. Son appel s'attaqua tout d'abord à l'idolâtrie, au polythéisme et à l'athéisme: Il insista sur la nécessité de croire en un Dieu Unique, et Transcendant, à la Résurrection et au Jugement Dernier, et il Invita à la charité, à la bienfaisance. Il prit soin que les révélations reçues par lui fussent consignées par écrit et apprises par cour, par ses disciples, et ce travail de transcription continua toute sa vie, puisque le Coran ne fut pas révélé tout à la fois, mais fragmentairement, chaque révélation répondant à une circonstance particulière.
Peu à peu, le nombre des partisans s'accrut, et avec la dénonciation du paganisme, l'opposition augmenta aussi de la part de ceux qui fermement attachés à leurs croyances ancestrales. L'opposition dégénéra peu à peu en persécution physique, aussi bien contre le prophète, que contre ceux qui était convertis à sa religion: On les mettait sur le sable brûlant d'été, on les cautérisait, on les enfermait avec des chaînes aux pieds; d'aucuns furent tués, mais personne ne voulait renoncer à la foi, après l'avoir connue. Désespérant des dirigeants de la cité, le Prophète conseilla aux siens de quitter leur ville natale et de se réfugier à l'étranger, en Abyssinie "Où règne un roi juste, chez qui personne n'est opprimé" Des dizaines de fidèles en profitèrent, mais pas tous, il fallait s'attendre à un accroissement de la persécution en raison de ces évasions.
Mohammed appela sa religion "islam", c'est à dire: Soumission à la volonté de Dieu. Elle a deux traits distinctifs :
elle établit un équilibre harmonieux entre le temporel et le spirituel, entre le corps et l'esprit; par-là, elle permet la parfaite jouissance des biens créés par Dieu, tout en enjoignant à tous, les devoirs envers Dieu: la prière, le jeûne, la charité; ainsi l'islam se pose comme la religion des masses, et non pas seulement comme une religion des élites;
son appel est universel, tous les croyants sont frères, tous sont égaux, sans distinction de classe, race ou langue; la seule supériorité possible est d'ordre individuel: elle est basée sur la plus grande crainte de Dieu, sur la plus grande piété.
fin